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"Entre nous soit dit"

Entre nous soit dit est le titre d’une série d’entretiens au format d’une émission de radio
(52 minutes). Présentée par Fabrice Hadjadj, cette émission propose une discussion à bâtons rompus avec un invité de marque, généralement sur un thème ou une question précise. Il s’agit non seulement de revisiter les grandes questions de l’anthropologie par des voies de traverses, mais aussi de se laisser interroger par les signes des temps.
émissions
Ce que le handicapé nous enseigne - avec Bénédicte Mathonat
« Mon malheur, c’est que je ressemble encore trop à l’homme. Je voudrais être tout à fait une bête, comme cette chèvre, pour recevoir de l’affection. » Le handicapé, le monstre d’aujourd’hui, pourrait se faire la même réflexion que Quasimodo dans Notre-Dame de Paris. Jamais on ne s’est autant soucié des bêtes. Mais, le plus souvent, la tendresse que nous accordons à nos chiens et à nos chats, nous ne l’accordons pas aux personnes handicapés, et pour éviter de se trouver face à cette contradiction, ou dissimulant cette contradiction sous une compassion revendiquée, on les empêche de naître. Et s’il fallait accueillir le handicapé comme le garant de la singularité humaine ? S’il était celui qui, mieux que n’importe quel théoricien, nous apprenait à aimer les hommes, sans vouloir les réduire à une certaine définition de l’homme, et à exclure certains d’entre eux au nom de cette définition. Pour réfléchir avec nous, aujourd’hui, nous accueillions Bénédicte Mathonat, Docteur en Philosophie, titulaire de la chaire de philosophie de la nature à la FLPC, plus connu sous le nom de l’IPC à Paris, mais aussi et surtout membre du mouvement Foi et Lumière, qui cherche à vivre la communauté avec des personnes souffrant de handicaps mentaux.
Qu’est-ce qu’un clown ? - avec Philippe Rousseaux
Qu’est-ce qu’un clown ? Il n’est pas facile de le définir, et essayer de le faire pourrait nous mettre nous-mêmes dans une position clownesque, celle de vouloir saisir l’insaisissable, comme la poursuite d’une savonnette qui glisserait sans cesse de nos mains, et finirait par se mettre sous notre pied. Ce qui est certain, c'est que la figure du clown hante notre enfance, et qu’elle y apparaît comme double. Elle conjugue à la fois le rire et la terreur, l’insouciance et la pitié, comme si, dans cette figure, le comique et le tragique étaient inséparables, et l’ambivalence, inévitable. Aussi certains vont-ils tirer le clown vers le personnage maléfique, comme Stephen King dans son roman It ; d’autres, vers le vagabond innocent, comme Charlie Chaplin ; d’autres encore, vers le jongleur comique, comme Achille Zavatta. Et si le clown était encore au-delà de tout cela ? Si, à travers ses rechutes et ses relèvements, il était d’abord une figure de l’humain ? Et si, dès lors, il était aussi une figure du chrétien ? Saint Paul, dans la seconde épître aux Corinthiens (2 Co 4, 7-9), paraît en effet décrire la vie du chrétien comme un numéro de clown dans son costume trop grand : « Notre trésor, dit-il, nous le portons en des vases d'argile […] Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés ; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés ; persécutés, mais non abandonnés ; terrassés, mais non annihilés. » Pour approcher ce mystère du clown, discussion avec Philippe Rousseaux, fondateur de la Compagnie Nez à Nez et de l’Association Clown par foi, formateur de clowns et clown lui-même sous le nom de Pol Bouchard…
Et si nous étions des cyborgs ? – Avec Daniela Cerqui
« Je ne veux pas être un simple être humain, je veux être un cyborg. Certes, les êtres humains sont capables d'un certain nombre de choses, mais ils sont très limités. […] Les robots eux deviennent de plus en plus complexes, il n'y aucun doute qu'ils vont surpasser les hommes. Il faut donc que l'homme progresse, en fusionnant avec la technologie. […] Et si moi, en tant que chercheur, je ne le fais pas, qui le fera ? […] Pourquoi la parole, qui est imparfaite, devrait-elle exister à l'avenir, quand nous aurons la possibilité de communiquer directement avec des pensées, des couleurs, des concepts ? » Ces paroles qui s’achèvent sur une dévaluation de la parole au profit de la connexion sans fil, ces phrases qui annoncent la fin de l’humanité et l’aube artificielle du cyborg, ne viennent pas d’un farfelu gavé de films de science-fiction. Ce sont des citations de Kevin Warwick, éminent scientifique, pionnier de la cybernétique, vice-chancelier à la Recherche de l’Université de Coventry, en Angleterre, enfin membre de l’Académie Européenne des Sciences et des Arts. Notre invitée, Daniela Cerqui, n’a pas seulement réfléchi théoriquement au transhumanisme proposé par Warwick, elle l’a suivi dans ses travaux pendant trois ans, dans son laboratoire de l’Université de Reading. Dans cette émission exceptionnelle, elle nous donne à penser l’expérience du « premier être humain valide à s'être fait implanter une puce informatique connectée à son système nerveux », et à découvrir les liens subtils que la technoscience entretient avec le capitalisme…
Rencontre cardinale – avec Mgr Philippe Barbarin
Le 21 octobre 2003, lors du consistoire public ordinaire où Philippe Barbarin fut créé cardinal, le pape Jean-Paul II rappelait : « "Celui qui voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier parmi vous, sera l'esclave de tous" (Mc 10, 44). Ce n'est qu'après la mort de Jésus, que les Apôtres comprirent la pleine signification de ces paroles et, avec l'aide de l'Esprit, ils surent en accepter jusqu'au bout la "logique" exigeante. C'est ce même programme que le Rédempteur continue à proposer à ceux qu'il associe, à travers le sacrement de l'Ordre, de manière plus étroite à sa mission même. Il leur demande de se convertir à sa "logique", qui est en net contraste avec celle du monde: mourir à soi-même pour devenir des serviteurs humbles et désintéressés de ses frères, en fuyant toute tentation de carrière et de bénéfice personnel. » Le cardinal Barbarin nous parle ainsi de sa mission de serviteur, de la famille, du dialogue interreligieux et de l’espérance qui ne trompe pas.